Le Sénégal traverse l’une des plus fortes secousses politiques de son histoire récente après la rupture officielle entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko. Deux ans seulement après leur arrivée au pouvoir, les deux figures du projet de rupture porté par le PASTEF ont mis fin à une alliance que beaucoup considéraient comme indestructible.
Le 22 mai 2026, Bassirou Diomaye Faye a limogé Ousmane Sonko et dissous le gouvernement, ouvrant une nouvelle séquence politique suivie avec inquiétude dans toute l’Afrique de l’Ouest.
Pendant plusieurs mois, les tensions entre les deux hommes étaient devenues de plus en plus visibles. Derrière l’image d’un tandem uni, des divergences profondes apparaissaient sur la gouvernance du pouvoir, les orientations économiques et la place respective de chacun au sommet de l’État. Plusieurs analyses évoquent une lutte progressive entre l’autorité présidentielle de Diomaye Faye et l’influence politique et populaire d’Ousmane Sonko au sein du PASTEF.
Cette rupture intervient dans un contexte économique particulièrement fragile. Le Sénégal traverse une crise financière marquée par les révélations sur une dette publique largement sous-évaluée sous l’ancien régime, la suspension du programme du FMI et les difficultés budgétaires croissantes de l’État. Les désaccords autour des subventions, de la restructuration de la dette et des négociations financières auraient fortement aggravé les tensions internes au pouvoir.
La séparation entre les deux dirigeants possède aussi une forte portée symbolique. En 2024, Bassirou Diomaye Faye avait été élu grâce au soutien décisif d’Ousmane Sonko, alors empêché de se présenter à l’élection présidentielle. Leur victoire incarnait alors l’espoir d’une nouvelle génération politique africaine fondée sur le souverainisme, la lutte contre la corruption et la rupture avec les anciennes pratiques du pouvoir.
Mais aujourd’hui, cette promesse d’unité semble avoir volé en éclats. Les médias internationaux décrivent désormais un véritable séisme politique susceptible de fragiliser durablement la stabilité du Sénégal. Certains observateurs estiment même que cette crise pourrait redessiner les rapports de force en vue de la présidentielle de 2029, où Ousmane Sonko pourrait chercher à revenir au premier plan face à Bassirou Diomaye Faye.
La situation est suivie avec une attention particulière dans toute la sous-région. Dans un contexte déjà marqué par les crises sécuritaires et les recompositions politiques en Afrique de l’Ouest, beaucoup craignent qu’une confrontation prolongée entre les deux hommes n’affaiblisse l’un des principaux symboles démocratiques de la région.
Le plus marquant reste peut-être la rapidité avec laquelle une alliance présentée hier encore comme le symbole du changement s’est transformée en rivalité ouverte au sommet de l’État sénégalais.











