Le 21 mai 2026, le gouvernement togolais a franchi une nouvelle étape dans sa politique de gestion durable des ressources hydriques. Face à la pression croissante exercée sur les nappes phréatiques et les cours d’eau par les activités industrielles, agricoles et urbaines, les autorités veulent désormais renforcer le contrôle des prélèvements d’eau brute et améliorer le financement des mécanismes de préservation des ressources en eau.

C’est dans ce contexte que le ministre délégué chargé de l’Eau et de l’Assainissement, Séna Alipui, a réuni à Lomé plusieurs entreprises exploitantes d’eau brute autour d’une séance de concertation consacrée à la gestion intégrée des ressources en eau. L’objectif affiché est double : renforcer le respect des obligations prévues par le Code de l’Eau et accélérer le recouvrement des redevances liées aux prélèvements et aux rejets d’effluents industriels.
Au cœur des discussions figure le principe du « préleveur-payeur », qui impose aux entreprises utilisant les eaux souterraines ou de surface de contribuer financièrement à la préservation de cette ressource stratégique. Les autorités rappellent également l’application du principe du « pollueur-payeur », destiné à responsabiliser les structures dont les activités peuvent dégrader les écosystèmes aquatiques.
Pour le gouvernement, ces contributions sont essentielles au fonctionnement du Fonds de Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE), un mécanisme appelé à financer la surveillance des bassins hydriques, la protection des nappes phréatiques, la restauration des cours d’eau ainsi que les infrastructures de contrôle et d’assainissement. Cette approche vise à concilier les impératifs économiques, la préservation environnementale et les besoins croissants des populations.
Les échanges ont également mis en lumière plusieurs difficultés persistantes dans le secteur. Certaines entreprises exploiteraient encore des forages sans systèmes fiables de mesure des volumes prélevés, compliquant le suivi technique et le calcul des redevances. D’autres accusent des retards de paiement ou des irrégularités administratives dans les procédures d’autorisation. Ces insuffisances réduisent les capacités de financement des politiques publiques liées à l’eau, alors même que les besoins augmentent sous l’effet de l’urbanisation rapide et des changements climatiques.
Au-delà de l’aspect financier, les autorités togolaises cherchent désormais à instaurer une gouvernance plus rigoureuse des ressources hydriques. Le pays fait face à des défis croissants liés aux inondations, à l’érosion, à la pollution des eaux et à l’augmentation des besoins en approvisionnement pour les populations urbaines et rurales. Dans le Grand Lomé notamment, les problématiques de drainage et d’assainissement deviennent de plus en plus sensibles durant les saisons pluvieuses.
Cette orientation gouvernementale intervient également dans un contexte de modernisation progressive du secteur de l’eau. Depuis plusieurs années, le Togo multiplie les projets de renforcement des infrastructures hydrauliques, d’extension de l’accès à l’eau potable et de gestion durable des bassins versants.
À travers cette mobilisation des entreprises exploitantes, les autorités veulent désormais faire émerger une culture de responsabilité partagée autour de l’eau, considérée comme une ressource vitale pour le développement économique, la santé publique et la stabilité environnementale du pays. Dans un contexte marqué par les effets du changement climatique et l’accroissement des besoins industriels et agricoles, la maîtrise durable des ressources hydriques apparaît de plus en plus comme un enjeu stratégique pour l’avenir du Togo.











