Le Burkina Faso engage une nouvelle phase de sa stratégie sécuritaire avec l’annonce d’un vaste programme de recrutement militaire intégré au Plan RELANCE 2026-2030. Présenté devant les députés de l’Assemblée législative du peuple, ce programme prévoit le recrutement et la formation de plus de 50 000 éléments des forces de défense et de sécurité, de 60 000 Volontaires pour la défense de la patrie ainsi que la mobilisation de plus de 100 000 réservistes.
À travers cette initiative, les autorités burkinabè affichent leur volonté de renforcer durablement les capacités opérationnelles du pays face aux défis sécuritaires qui touchent plusieurs régions depuis ces dernières années. Le gouvernement considère désormais la reconquête territoriale et la stabilisation du pays comme la priorité centrale de son programme de transformation nationale.
Le dispositif annoncé ne se limite pas à l’augmentation des effectifs militaires. Le Plan RELANCE prévoit également le renforcement du renseignement, la modernisation des équipements de défense, la vidéoprotection des grandes villes ainsi qu’une intensification de la coopération sécuritaire au sein de l’Alliance des États du Sahel. Les autorités veulent aussi développer une industrie stratégique de défense afin de réduire progressivement la dépendance extérieure du pays dans le domaine sécuritaire.
Selon les orientations présentées par le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubacar Nacanabo, cette stratégie sécuritaire s’inscrit dans une vision plus large articulée autour de plusieurs priorités nationales, notamment la souveraineté alimentaire, le développement du capital humain, l’industrialisation et le renforcement des infrastructures économiques. L’objectif affiché est de bâtir un Burkina Faso plus stable et plus résilient à l’horizon 2030.
Les autorités estiment en effet que la relance économique du pays reste étroitement liée à la restauration de la sécurité sur l’ensemble du territoire national. Le retour des populations déplacées, la reprise des investissements et la relance des activités économiques dans les zones affectées apparaissent aujourd’hui comme des enjeux majeurs pour le pouvoir burkinabè.
À travers ce plan, Ouagadougou cherche donc à associer sécurité, souveraineté et reconstruction économique dans une même dynamique nationale, avec l’ambition de renforcer la résilience du pays face aux défis sécuritaires et sociaux qui continuent de marquer le Sahel.











