Le roi Mohammed VI a accordé sa grâce royale aux supporters sénégalais condamnés après les violences survenues lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 disputée à Rabat. Cette décision intervient plusieurs mois après une rencontre devenue l’un des épisodes les plus tendus de l’histoire récente du football africain, sur fond de polémiques sportives, de tensions diplomatiques et de procédures judiciaires.
Au total, dix-huit supporters sénégalais avaient été poursuivis puis condamnés par la justice marocaine à des peines allant de plusieurs mois à une année de prison. Les faits reprochés concernaient notamment des violences, des dégradations d’infrastructures sportives, des jets de projectiles ainsi que des tentatives d’envahissement de la pelouse après une décision arbitrale extrêmement contestée lors de la finale entre le Maroc et le Sénégal.
Cette rencontre, disputée dans une atmosphère électrique, avait plongé le football africain dans une crise inédite. Alors que le Sénégal s’était imposé sur le terrain, les contestations autour de l’arbitrage et des incidents de fin de match avaient rapidement pris une tournure continentale. Quelques semaines plus tard, la décision de retirer le titre au Sénégal au profit du Maroc avait profondément alimenté les tensions dans l’espace médiatique et sportif africain.
Dans ce contexte particulièrement sensible, la grâce royale apparaît comme une mesure d’apaisement à forte portée politique et diplomatique. Les autorités marocaines mettent en avant des considérations humanitaires ainsi que les liens historiques de fraternité, de coopération et d’amitié qui unissent le Maroc et le Sénégal depuis plusieurs décennies.
Cette décision intervient également à l’approche de l’Aïd Al-Adha, période souvent marquée au Maroc par des mesures de clémence royale. Plusieurs observateurs y voient cependant un geste dépassant largement le simple cadre judiciaire. Rabat cherche désormais à tourner une page devenue sensible aussi bien dans les relations bilatérales que dans l’opinion publique africaine.
Au Sénégal, l’annonce de cette grâce a suscité de nombreuses réactions favorables. Plusieurs responsables politiques, acteurs sportifs et membres de la société civile ont salué une décision susceptible de contribuer à la décrispation entre les deux pays après des mois de fortes tensions autour de cette CAN 2025.
Au-delà du football, cette affaire aura surtout révélé l’ampleur symbolique que peuvent désormais prendre les compétitions africaines dans les relations entre États. Entre émotion populaire, souveraineté nationale, diplomatie et influence continentale, la finale Maroc-Sénégal a largement dépassé le cadre sportif pour devenir un véritable sujet politique régional.
Avec cette grâce royale, le Maroc et le Sénégal cherchent désormais à réinstaller le dialogue et l’apaisement autour d’une relation historique que ni les polémiques sportives ni les tensions médiatiques n’ont totalement effacée.











