Du 15 au 19 juin 2026, Lomé accueillera la toute première Convention et Exposition africaines du transport aérien, un événement continental qui ambitionne de jeter les bases d’une nouvelle dynamique pour l’aviation civile africaine.
Le rendez-vous intervient dans un contexte particulièrement révélateur. L’Afrique s’étend sur près de 30 millions de kilomètres carrés, abrite plus de 1,5 milliard d’habitants, soit près de 20 % de la population mondiale, et devrait concentrer près d’un quart de la population de la planète à l’horizon 2050. Pourtant, malgré cette superficie exceptionnelle, son dynamisme démographique et ses immenses potentialités économiques, le continent ne représente qu’environ 3 % du trafic aérien mondial.
Les chiffres illustrent l’ampleur du défi. Alors qu’aux États-Unis un habitant effectue en moyenne un à deux voyages aériens par an et qu’en Europe chaque citoyen emprunte l’avion au moins une fois par an, en Afrique, un habitant ne prend l’avion qu’une seule fois tous les quinze ans en moyenne. Cette réalité met en évidence les difficultés persistantes liées à la connectivité aérienne, à l’intégration des marchés et à la mobilité des populations.
Face à ce constat, le Directeur général de l’Agence nationale de l’aviation civile du Togo (ANAC-Togo), le Colonel Idrissou Abdou Ahabou, lance un appel à la mobilisation de l’ensemble des acteurs du secteur aérien africain. Pour lui, la convention de Lomé doit constituer un cadre privilégié de réflexion, d’échanges et de propositions afin de construire un transport aérien capable d’accompagner les ambitions de développement du continent.
Placée sous le haut patronage du Président du Conseil de la République togolaise, Son Excellence Faure Essozimna Gnassingbé, et organisée avec la Commission africaine de l’aviation civile (CAFAC), la rencontre réunira des chefs d’État, des ministres en charge des transports, du commerce, du tourisme et de la sécurité, des autorités de régulation, des compagnies aériennes, des investisseurs, des experts ainsi que de nombreux partenaires institutionnels.
Au cœur des échanges figurent plusieurs enjeux stratégiques : renforcer la connectivité entre les pays africains, stimuler le commerce intra-africain, accélérer l’intégration régionale, améliorer la mobilité des populations et soutenir durablement la croissance économique du continent. Les participants seront également appelés à examiner les moyens de rendre effectif le Marché unique du transport aérien africain, considéré comme l’un des principaux leviers de l’intégration continentale.
En marge des conférences et des forums de haut niveau, une importante exposition permettra aux entreprises, institutions et innovateurs de présenter leurs avancées technologiques et leurs solutions destinées à moderniser l’aviation africaine. Les visiteurs pourront découvrir les innovations les plus récentes dans les domaines de la sécurité, de la digitalisation, de la gestion aéroportuaire, des infrastructures et des services aéronautiques.
Après avoir accueilli plusieurs rencontres panafricaines majeures au cours des derniers mois, notamment dans les domaines du commerce et de l’intégration économique, Lomé confirme son positionnement comme une plateforme africaine de dialogue et de coopération. Pendant cinq jours, les regards du continent seront tournés vers la capitale togolaise pour débattre des solutions susceptibles de permettre au transport aérien africain de franchir un nouveau cap.
L’ambition affichée est claire : faire du transport aérien un véritable moteur de développement, de compétitivité et d’intégration pour l’Afrique. Dans un continent aux dimensions continentales mais encore insuffisamment connecté par les airs, la rencontre de Lomé entend contribuer à transformer les défis actuels en opportunités de croissance et de prospérité partagée.











